Storytelling d’affaires : le prix du Storyteller ou la valeur d’une histoire qui circule

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« Les gens n’achètent pas ce que vous faites, ils achètent pourquoi vous le faites. » Simon Sinek

En 2025, certaines entreprises sont prêtes à payer très cher pour des profils qualifiés de « Storytellers ».
La fintech Vanta propose par exemple des rémunérations pouvant atteindre 274 000 dollars pour ce type de poste.
Dans le même temps, les offres liées à la narration, à la communication et aux récits explosent dans les environnements professionnels.

La question qui revient alors est presque mécanique :
combien vaut un Storyteller ?

Mais à force de la poser ainsi, on passe peut-être à côté de l’essentiel.

capture d'écran de recherche d'informations sourcées ChatGPT
Recherche d'informations sourcées ChatGPT

Pourquoi les histoires sont devenues un enjeu central des affaires

Dans les organisations modernes, raconter est devenu une compétence stratégique.
On parle parfois de storytelling business pour désigner l’usage des récits au service de la communication, du marketing ou de la marque.

Le terme existe, il est compris, il est recherché.
Mais il dit surtout quelque chose de notre époque :
👉 une époque où l’on confond souvent raconter avec produire, et produire avec convaincre.

Or les affaires ne se jouent pas uniquement dans les présentations bien écrites ou les discours calibrés.
Elles se jouent dans les relations, la confiance et le temps.

Le vrai problème : poser la mauvaise question

Demander combien coûte un Storyteller revient à éviter une question plus inconfortable :
👉 quelle est la valeur réelle d’une histoire dans les affaires ?

Et surtout :
👉 pour qui cette histoire a-t-elle de la valeur ?

Une histoire n’existe pas par elle-même.
Elle n’existe que lorsqu’elle est écoutée.

Pour comprendre cela, il faut quitter un instant la scène et se placer du côté de ceux qui reçoivent les histoires.

Ce que dix ans derrière un bar m’ont appris sur le Storytelling d’affaires

Pendant dix ans, j’ai tenu un bar.
Un vrai. Bruyant. Vivant. Parfois chaotique.

Sans le savoir, j’étais au cœur d’un système de circulation de l’information.

Un bar remplit une fonction invisible mais essentielle :

  • faire circuler des nouvelles,

  • connecter des ressources,

  • mettre des gens en relation.

Avant les plateformes numériques, les professionnels expérimentés le savaient déjà.
Quand tu arrivais dans un nouvel environnement et que tu voulais comprendre ce qui s’y jouait réellement, le raccourci passait souvent par le bon bar.

Pourquoi les supports ne suffisent jamais

Beaucoup de gens déposaient des affiches, des flyers, des documents.
Ils pensaient que l’information suffisait.

Elle ne suffisait pas.

La majorité de ces supports étaient rapidement oubliés, non par mépris, mais par saturation.
Ce qui reliait réellement l’information aux ressources, ce n’étaient pas les supports.
C’étaient les personnes qui faisaient circuler l’information.

Et toutes avaient un point commun.

Ce que font réellement les vrais Storytellers d’affaires

Ces personnes savaient raconter des histoires.
Pas des histoires marketing.
Des histoires humaines, situées, incarnées.

Un angle d’entrée clair

Elles savaient capter l’attention au milieu du bruit, sans forcer.

Une structure lisible

Même entre deux conversations, l’essentiel passait.
Et surtout, il restait.

Une raison sincère

Pas une promesse creuse, mais une intention compréhensible, qui donnait envie d’aider.

Du courage et de la patience

Elles acceptaient l’indifférence, le rejet, l’oubli.
Et revenaient. Autrement.

Raconter n’est rien, faire circuler une histoire est tout

Une histoire immobile n’a aucune valeur.
Sa valeur apparaît dans le mouvement même de sa circulation :

  • quand elle passe d’une personne à une autre,

  • quand elle est reformulée, transmise, appropriée,

  • quand elle crée un lien,

  • quand elle déclenche une action.

Aujourd’hui encore, je me souviens de nombreuses histoires racontées à cette époque.
Mieux : je suis toujours en contact avec ces personnes.

Les relations sont restées.
Les affaires aussi.

Ce que le storytelling d’affaires remet en perspective

Dans les environnements professionnels actuels, on confond souvent :

  • raconter et convaincre,

  • narrer et manipuler,

  • visibilité et impact.

Beaucoup racontent.
Peu font circuler.

Les plateformes modernes ressemblent à ces bars bondés :
un flux constant d’informations, de publications, de messages.

Sans Storyteller humain, elles restent des vitrines bruyantes.

Le rôle du fondateur : redevenir passeur d’histoires

Aujourd’hui, un fondateur ou un dirigeant ne peut plus déléguer entièrement sa parole.

Non par ego.
Par responsabilité.

À l’ère des récits automatisés, optimisés et générés, la rareté n’est plus la production d’histoires, mais :

  • l’écoute réelle,

  • la présence,

  • le point de vue assumé,

  • la chaleur humaine.

Le fondateur devient alors un passeur d’histoires d’affaires.
Quelqu’un qui raconte des histoires vraies, imparfaites, situées.

Pas pour convaincre tout le monde.
Mais pour respecter ceux qui prennent le temps d’écouter.

Le temps de l’autre, vraie mesure de la valeur

Le temps de celui qui écoute ton histoire vaut autant que le tien.

Chaque histoire déposée sans considération crée du bruit.
Chaque histoire racontée avec respect crée un lien.

C’est là que se joue la vraie valeur du storytelling d’affaires.
Pas dans les grilles de salaires.
Mais dans la qualité des relations qui en découlent.

👉 Pour prolonger la réflexion :
Et toi, tu blanchis comment ton succès ? Une histoire de storytelling stratégique


Observer autrement

La prochaine fois que tu entends parler du « prix » d’un Storyteller, fais un pas de côté.

Observe :

  • ce qui circule réellement,

  • ce qui reste,

  • ce qui relie,

  • et ce qui transforme.

Et demande-toi non pas combien vaut une histoire,
mais ce qu’elle met réellement en mouvement.

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